Les Caraïbes

  • Barbade
  • Les Grenadines (Canouan, Tobago Cays, Union Island)
  • Bonaire

Je ne sais plus où nous nous étions quittés… Ah oui, à la Barbade, l´escale « fêtarde » des Antilles ! Nous y avons jeté l´ancre la veille de la Saint- Sylvestre, face à une ville en ébullition : Bridgetown.  Sur la plage et sur la mer, de nombreuses activités bruyantes s´y déroulaient pour défouler les touristes : balade en catamaran sur fond de musique tonitruante, jet ski, scooter des mers et même, baignade à cheval, …

“Avoir traversé  l´Atlantique, c’est un peu comme avoir franchi le premier niveau d´un jeu vidéo. On se retrouve catapulté dans un autre monde, avec d´autres défis à relever !”

Moi 🙂

Les premiers jours, nous nous sommes détendus malgré tout le tintamarre en bord de plage. Nous avons rapidement mis l´annexe à l´eau pour s´approcher de la belle.

Vous remarquerez que les îles sont comme les femmes. Elles ont chacune leur personnalité, leur caractère. Farouche ou accessible, il faut les accoster en douceur pour les conquérir. Indépendantes ou sous domination, elles recèlent bien des mystères… Certaines sont volcaniques. D´autres, plutôt platoniques ! Les vierges sont rares et protégées… Si la Barbade était une femme, elle serait Marylin Monroe. Belle et fragile à la fois.

Ici, la population est anglophone. 80 % des habitants descendent des esclaves africains venus travailler dans les plantations de cannes à sucre. L´île fut longtemps sous domination britannique.

Quand nous arrivons dans une île, nous devons nous rendre aux douanes pour les formalités d´entrée au pays. Il faut ensuite se présenter au bureau de l´immigration. Il y a aussi le service sanitaire mais pas partout. C’est le check in.

A la sortie, on y retourne pour le check Out.

C´est un peu contraignant car ce n´est pas toujours tout près du port.

Parfois nous marchons, parfois, nous nous y rendons en taxi. Une fois sur place, il faut tomber aux bonnes heures… Il n´est pas rare que la personne responsable du service soit partie faire un tour et revienne une heure plus tard comme si de rien n´était ! Il faut donc prendre son mal en patience avec les enfants surexcités qui nous harcèlent de :

  • « C´est quand qu´on y vaaaaaaa ? » toutes les 30 secondes….
  • « Je suis fatiguééééé´, j´ai faimmmmm, « j´ai mal aux pieeeeeds, ….. », « je dois faire pipiiii ».

 

Le capitaine très concentré!

 

Le dollar barbadien

Le 3 janvier, nous sommes partis en taxi visiter un des trésors naturels de la Barbade, les Harrison´cave, des grottes. Brian, le chauffeur était connu comme Barabbas et lançait des « happy new year » à tout le monde par la fenêtre de son taxi.

Avec son taxi vert en pièces détachées et sa bonne humeur, il nous a emmené dans les terres où la pauvreté côtoie la modernité.

Qui s´y frotte

s´y pique

Nous cherchions une bouteille de gaz pour remplacer une des nôtres. C´est un souci pour les voyageurs au long court de trouver des bouteilles de gaz avec un embout identique au leur. Nous sommes revenus bredouille mais la balade en valait la chandelle.

Avec une bouteille de gaz dans un grand centre commercial, c´est louche!

Le nouveau look du capitaine

Les maisons sont souvent modestes. Certaines sont en bois, d´autres en béton recouverte de crépis. Elles sont toutes en couleur. Le climat est tropical. Il ne fait pas loin des 30 degrés !

Rihanna est originaire de la Barbade et sa rue porte son nom : La Rihanna Drive.

Les fruits et les légumes sont des denrées rares et chers. La majeure partie arrive par bateau. Il existe des petits marchés couverts qui vendent à prix d´or les produits de la terre venu d´ailleurs. Nous salivons devant les salades vertes, les choux, haricots, potirons, carottes, pastèques, … A titre d´exemple, le kilo de tomates est à 4 Euros. Il n´est pas étonnant qu´à ce prix-là, la malbouffe se soit installée et que l´obésité de la population soit devenue un problème émergent.

Ici, le fromage ressemble à ceci:

Nous avons quitté la Barbade, cap Ouest.

Le 6 janvier dans la matinée, nous sommes arrivés dans l´archipel des Grenadines après 21 heures de navigation. Canouan en fait partie au même titre que Bequia, Baliceaux, Moustique, Mayreau, Tobago Cays, Union Saint- Vincent et Petit-Saint-Vincent.

 

A la capitainerie, on se croirait à la Maison Blanche

Si Canuan était une femme, Glossy bay Marina serait le diamant qu´elle porte à son cou. Cette marina, inaugurée il y a peu, est flambante neuve. Elle manque un peu de personnalité en se voulant parfaite mais le service est impeccable. A la capitainerie, les employées, bien coiffées, sont vêtues d´un pantalon bleu classique avec ceinture rose et d´un chemisier blanc. Elles nous accueillent avec une petite bouteille d´eau fraîche pour chacun. Le rose est la couleur préférée du directeur et on la retrouve en petite touche un peu partout (les salières du restaurant qui borde la plage, les serviettes de bain qu´ils mettent à disposition des clients sur les transats de la piscine, …)

Il y a 2 magasins le long du quai. Tout d´abord, une supérette qui propose des produits « bien de chez nous » à des prix exorbitants (Il y avait même des radis, des poireaux et des topinambours !)

Ensuite, une bijouterie de luxe tenue par une jeune femme qui a, je l´espère, un salaire égal à son ennui. Les sanitaires valent aussi le détour. Quand on pousse la lourde porte blanche, une petite salle d’attente garnie d´un fauteuil blanc nous accueille. Une télévision y est allumée. Une porte pour les messieurs et une porte pour les dames, blanches vous l´avez deviné, qui nous mène dans une pièce munie de 2 douches très spacieuses, dignes d´un palace. Enfin, j´imagine car je n´ai jamais été dans un palace !

Ici, il est interdit de faire sécher son linge sur les filières du bateau. Ça fait un peu baraki comme on dit à Liège ! Ce port n´est pas prévu pour accueillir les tourdumondistes qui cherchent la simplicité.

Le décor est planté.  Et les acteurs rentrent en scène. Lynn sera l´héroïne de cette escale mais nous y reviendrons…

Après les formalités au port accomplie, un taxi commandé par celui-ci nous a mené à l´aéroport pour le ckeck in. Sofiène a rencontré le service des douanes et de l´immigration pendant que j´occupais les enfants dans le hall d’entrée.

Les corvées administratives derrière nous, nous sommes allé au centre du village.  En rentrant  au bateau,  nous nous sommes rendus compte que l´aéroport jouxtait le port et que nous allions être les premiers spectateurs du balais aérien. 

 

L´aéroport

Un peu plus dans les terres


Money Money

Entre piscine et mer turquoise, notre cœur balance….

Nous avons abusé matin et soir de la piscine de port gratuite et déserte. Un jour, un couple de navigateurs Canadiens est arrivé avec leur petite fille de 2 ans et demi. A l´instar de Lynn, la petite s´amusait en toute insouciance avec ses bouées aux bras dans la grande profondeur. Ma petiote, heureuse d´avoir enfin une copine était toute à son affaire. Naèl et Ilian s´entrainaient à plonger pour rechercher des objets au fond du bassin. Il était l´heure de partir, je m´afférait à ranger le sac pendant que Sofiène était à la capitainerie. Quand tout d´un coup, Lynn qui était sortie de l´eau, a crié en se précipitant vers le papa de la petite fille qui avait le dos tourné et de la maman, distraite. Un peu amusée de voir sa copine faire du sous l´eau mais tout de même un peu inquiète elle a eu la bonne réaction… Une petite touffe de cheveux blonds dépassait de l´eau quand j´ai tourné le regard… Le papa a immédiatement sauté à l´eau pour récupérer sa progéniture qui n´avait pas remis ses bouées après sa sieste… Heureusement, il y eu plus de peur que de mal. Lynn reçu un tas de remerciements des parents émus…

  • « you have a special girl » est venu me dire le papa remplit de gratitude et d´émotions.

En peu secoué, nous sommes rentrés au bateau, content d´avoir postposé notre départ d´un jour…

D´un côté la mer et de l´autre, la piscine

 

Naèl a discuté avec sa classe sur Skype. Il perd un peu son néerlandais mais il se débrouille encore très bien. Chaque occasion est bonne pour pratiquer. Merci à juff Leen d´avoir permis cet échange.

Avec un vieux t-shirt d´Ilian, un sac troué et un bout de nappe, le drapeau des Grenadines a vu le jour ! Par respect du pays que nous visitons, il est d´usage d´arborer le pavillon de ce pays.  

Nous avons ensuite migré vers Tobago Cays. On dit que c’est un des plus beaux spots des Caraïbes mais la mer agitée était inhospitalière.

Nous avons rapidement levé l´ancre, non sans avoir dégusté une langoustine apportée par un boat boy Romeo. Ne voyant pas comment cuire une telle bête, nous l´avons d´abord refusé mais notre homme nous a proposé de la préparer et de nous la ramener pour 18h. Ça ne pouvait plus se refuser…



Premier pain au levain

Les moussaillons sont passés sous la tondeuse. Plus les degrés augmentent, plus les cheveux rapetissent.

Union Island, ou l´ile de l´Union. C´est la plus baba cool des Iles que nous avons visitées. Nous avons jeté l´ancre dans la baie de Clifton. Une fois sur le plancher des chèvres (il n´y a pas de vaches), nous avons suivi la route bétonnée qui longe la berge avec ses petits magasins de souvenirs, ses boutiques de kitesurf, ses supérettes et vendeurs de fruits et légumes et nous nous sommes retrouvés au sommet où le point de vue valait le détour. Un chien, que nous avons baptisé Scotch, nous a suivi durant des heures et nous a accompagné les jours suivants. Tous les chiens sont en liberté et très pacifiques. Il y en a partout. Les maisons sont modestes et colorées. Des détritus traînent ici et là. Les habitants récoltent l´eau dans des bidons et ils s´en servent pour nettoyer, cuisiner, boire…Nous avons bu un verre dans un petit bar local tenu par un unijambiste et une borgne. Il a fallu détourner l´attention des enfants un peu intrigués par les propriétaires…

Fabrication du charbon

Lynn se met aux couleurs locales

Cap sur Bonaire

 

Une pêche fructueuse

Le roulis et les quarts se sont réinstallés pendant les 3 jours de nav. Nous avons longé les côtes du Venezuela pour « atterrir » à Bonaire qui fait partie des Iles ABC (Aruba, Bonaire, Curaçao), Antilles néerlandaises. C´est toujours un peu dépaysant de retrouver le luxe européen au sein d´une île. Mais j´avoue que ca fait du bien parfois !

Quand le ciel embras(s)e la mer

Bonaire, la bourgeoise. Si elle était une femme, elle serait d´origine hollandaise bien sûr. Belle au naturelle, bien dans ses baskets, elle ferait preuve d´autonomie et de dynamisme. Respectueuse de son environnement, elle aurait de l´attrait pour l´écologie.

Bonaire a été longtemps sous domination hollandaise. On y parle aussi bien le néerlandais que l´anglais. Et même parfois le français et l´espagnol. La population compte des descendants d´Européens et d´Africains mais ils semblent ne pas trop se mélanger. L´économie est assez diversifiée en plus du tourisme (exploitation de sel, textile, …) Elle possède un grand supermarché, digne des nôtres dans lesquels nous avons trouvés des produits que nous avions presque oubliés comme du camembert, des poireaux, du bon café, …. Mais pas de carotte, de pomme, ni de banane, … Il faut tenir compte des jours d´arrivage si on ne veut pas être déçu.

L’ensemble des eaux entourant l’île est classé sanctuaire marin et permet une découverte de la faune et de la flore sous-marine avec un masque et un tuba ou des bouteilles de plongée. Lynn est déjà très à l´aise avec son tuba et son masque.

 Nous avons sauté de nombreuses fois du bateau pour voir ce qui se passait en dessous et nous n´avons pas été déçu ! Un tas de poissons de toutes les couleurs nous ont offert beau spectacle ! Ici, l´eau est particulièrement limpide. Nous devons mettre le réservoir à eau noire qui sera vidée en pleine mer.

Au sud, l’île accueille des salines avec ses flamands roses qui seraient blancs/gris s’ils ne se nourrissaient pas de petites crevettes roses.

Les anciennes maisons des esclaves qui travaillaient dans les salines.

Chez la coiffeuse entre filles.

Nous avons pris un brunch dans un très bel établissement franco-belge qui propose des gaufres de Bruxelles et des crêpes salées. Chez eux, on se croirait chez nous ! Les propriétaires sont très sympathiques. Nous avons fait leur connaissance, entre deux rayons du supermarché « van den Stelle » et nous avons eu une belle conversation sur le sens de nos vies d´expats. 

Le lendemain, vers 7h, le vent nous a poussé vers d´autres horizons. Nous sommes pris par le temps. En bateau, il n´est pas facile de prévoir des rendez-vous. Le passage du canal de Panama est la seconde épreuve du voyage. On y attend un trio de choc pour nous aider à passer les écluses et surtout Inès, la grande sœur, la pièce manquante de notre puzzle familial.

Nous avons mis 6 jours pour voir se dessiner la côte panaméenne en longeant BIEN AU LARGE le Venezuela et la Colombie. Le vent a joué à cache-cache.

Le premier jour a remué les estomacs. Les 2 suivants, nous avons navigué sur une mer d´huile.

Puisqu´on ne peut pas changer la direction du vent, il faut apprendre à orienter les voiles.

James Dean

Ergothérapie

à

bord

Le Capitaine a lancé, alternativement et en fonction du vent, les spis asymétrique et symétrique jusqu´à ce à ce que dernier se déchire, de nuit, durant une rafale à 25 nœuds  et se transforme en drapeau géant.

Les moteurs ont pris le relais quand c´était pétole.

 Le quatrième jour, en affalant le spi asymétrique, l´écoute est tombée à l´eau (corde qui tend cette voile supplémentaire). La coquine est venue enlacer langoureusement l´hélice du moteur. Sofiène a dû plonger de nuit pour la remonter à bord en lui priant de ne plus recommencer !

Mais il n´était pas au bout de ses peines car, suspectant une anomalie au niveau d´un moteur, il a replongé dans une mer encore formée. Le diagnostic est sans appel, le remplacement de l´hélice des deux moteurs est urgent !

Le cinquième jour, nous avons assisté au festin de plusieurs cachalots qui se régalaient dans un banc de thons de la taille de pingouins.

Et le dernier jour, le mardi 28 janvier, nous nous sommes retrouvés au milieu d´énormes cargos, comme aspirés dans l´entonnoir qui mène au canal de Panama. Nous avons fini le trajet et fait les manœuvres au port avec un seul moteur et un courant contraire de 3 noeuds.

This Post Has 8 Comments

  1. Hello les pirates des Caraïbes…
    Toujours un rêve éveillé de découvrir votre si belle petite famille dans cette aventure chaque jour renouvellèe…
    Je m evade avec vous et ne suis jamais bien loin du carré…
    Grosses bises

    1. Coucou Tonton, cela nous fait chaud au coeur de te voir nous suivre dans notre aventure. Nous passerons le Canal de Panama d’ici quelques jours maintenant. gros bisous à vous tous de Colon – Panama

  2. Ce récit est vraiment un pur bonheur, je dévore vos aventures avec impatience, du coup vous êtes restés combien de temps dans les caraïbes ? Bravo au pêcheur de dorade corifene, et avez vous trouvé une hélice de rechange ? Continue de pêcher Sof et gros gros bisous à toute la famille 😘 😘😘😘, bonne année à vous qui part sur des chapeaux de roue 🤗🤗👏👏👏

    1. Salut Jaja, Merci pour tes messages. Cette année nous passons rapidement les caraibes on aura plus de temps quand on repassera l’année prochaine. Nous attendons les hélices de rechange qui doivent arriver d’ici quelques jours par DHL pour le passage du Canal de Panama vers le Pacifique.
      Bonne année à vous tous et gros bisous de Panama

  3. Coucou les aventuriers 😃
    Toujours aussi passionnant de suivre votre périple. L’hélice de rechange doit être arrivée et remontée 🤔
    Bientôt le passage du Canal de Panama ou l’océan pacifique vous attend. Et ensuite qu’elle sera la direction ?
    Félicitations pour Lynn pour son réflexe à la piscine 👍
    Bises à toute la famille
    Gérard

    1. Bonjour Gérard,
      On attend toujours les hélices de remplacement normalement pour le 7 Février.
      Et après le passage du canal vers le pacifique direction l’équateur.
      Bisous à vous tous
      Sofiène & Co

  4. Coucou Sofiene
    L’hélice est-elle arrivée 🤔
    Plus de nouvelles sur le blog 🤷🏻‍♂️
    Hâte de continuer sa lecture 😃
    Bon courage et bises à toute la famille
    Gérard

    1. Bonjour Gérard,
      Les hélices sont arrivées et sont installées maintenant. Nous sommes prêt pour le transit du canal prévu le 28 Janvier.
      Isa travaille dur pour le nouveau post.
      Gros bisous à vous
      Sofiène

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